Les perroquets ne sont pas des pingouins !

Amandine Diot

Educatrice d’oiseaux et comportementaliste

Publié en janvier 2018

L’hiver approche, avec ses gelées, la neige, le glacial vent du Nord, la neige … Même si nous ne vivons pas au Pôle Nord, nos températures hivernales peuvent facilement se retrouver dans les négatifs.

La majorité des perroquets sont originaires de zones géographiques qui ne connaissent évidemment pas des vagues de froid de ce genre (les aras viennent des forêts humides d’Amérique du Sud, les perruches à collier des climats doux Indiens, les Gris du Gabon des climats sec et chauds africains….). Même s’ils s’acclimatent au froid, des baisses de températures sont un facteur de stress pour nos perroquets. Les rudesses de l’hiver mettent à rude épreuve l’organisme de nos perroquets. Pour limiter ce stress sur la santé et maintenir le confort de vie des oiseaux, essayez de préserver votre perroquet pendant l’hiver.

A toute règle un cas particulier

Le seul perroquet supportant tout à fait agréablement les rudesses de l’hiver sans besoin du moindre confort est le Kéa (Nestor notabilis). Ce perroquet endémique de Nouvelle-Zélande est un vrai montagnard ! Il apprécie pleinement une altitude de 1 000 – 1 400 m d’altitude et peut trouver son bonheur jusqu’à environ 2 400 m.

Parlons température

Les perroquets de compagnie ont une résistance moins élevée aux écarts de température que les perroquets d’agréments vivant en permanence à l’extérieur. Les perroquets de compagnie sont confortables entre 17 et 20°C, car c’est à ces températures qu’ils sont habitués depuis tous petits. Les perroquets vivant en permanence à l’extérieur supportent évidemment des températures plus inférieures puisque leur corps y est plus habitué (leur duvet est notamment plus fourni). Ils ont néanmoins besoin d’un certain confort (pour se protéger du vent par exemple ou bien lors de température très basses).

Tous les perroquets peuvent supporter des températures avoisinant les 0°C s’ils sont BIEN protégés des courants d’airs. Les perroquets acclimatés peuvent aussi supporter des températures négatives sur quelques jours consécutifs. Par contre un perroquet de compagnie ayant toujours vécu à 18 – 20°C se retrouvant dehors en plein milieu de l’hiver se retrouvera rapidement en hypothermie.

Ce qui est très stressant pour tous les oiseaux, c’est le changement brutal de température, et ce, peu importe le sens du changement froid-chaud ou chaud-froid. Considérez qu’une variation de température de 10 à 15 °C sur une période de 24 h est déjà un facteur de stress pour l’organisme de votre oiseau.

Gardez bien en tête que c’est le changement brutal de températures qui est rude pour l’organisme du perroquet et qu’ils ont besoin de s’acclimater pour supporter des températures basses.

Parlons humidité

Le deuxième facteur important pour le confort de votre perroquet de compagnie est l’humidité. Sous l’effet du souvent, le taux d’humidité tendance à baisser (logique !). Certains modes de chauffage ont tendance à assécher plus l’air (convecteurs électriques par exemple). Les perroquets n’aiment pas un air sec.

Laissez-moi vous expliquer en quoi cette humidité est importante pour votre perroquet. Une humidité insuffisante peut assécher la peau et provoquer des démangeaisons, assécher les plumes et les rendre plus cassantes ou plus sèches, ou bien développer certains problèmes respiratoires.

Dans une habitation, on considère que l’humidité doit être comprise entre 40 et 60 %. C’est surtout en hiver que l’humidité de l’air est trop faible, puisqu’elle avoisine plus les 30 – 40 % dans les habitations.

Sortir son oiseau en hiver ou pas ?

Même en hiver vous pouvez sortir votre perroquet dehors. Je vous conseille toutefois de le faire avec une certaine logique !

Si vous mettez votre oiseau dehors en cage ou en volière, pensez à le faire de manière progressive pour qu’il s’habitue. N’oubliez pas qu’un oiseau d’appartement a besoin de beaucoup de temps pour s’acclimater au froid. Si vous pouvez réaliser cette période d’acclamation sur l’automne c’est encore mieux, comme çà il aurait le temps de se faire pousser un bon manteau de duvet ! Sortez-le quelques minutes seulement lors d’une belle journée, et n’oubliez pas de bien le protéger du vent. Puis laissez-le un peu plus longtemps chaque semaine.

Si vous sortez votre oiseau en vol libre, pensez toujours à sa sécurité. Ce que je veux dire par là, c’est que vous devez garder en tête trois paramètres très important. D’une part, volez votre oiseau dans les heures les plus favorables (11 h – 14 h (heure de Paris)). D’autre part, restez sur des exercices / des demandes simples en hiver afin de ne pas prendre trop de risque car perdre son perroquet en hiver même une seule nuit peut avoir de lourdes conséquences. Enfin, ne sortez que si la météo est favorable, je sais que cela réduit un peu le nombre de sorties en hiver mais c’est pour le bien de votre perroquet.

Je me souviens d’une nuit d’hiver interminable, où un de mes ara ararauna étais resté branché en haut d’un chêne de plus de 25 m de haut. Impossible de le faire descendre jusqu’à ce que le jour se couche… et cette nuit-là il a neigé. En récupérant ce petit crapaud le lendemain matin il avait perdu presque 100g ! Ce qui est assez conséquent. Heureusement il allait très bien et a vite récupéré cette perte de poids. Tout çà pour vous expliquer, qu’un perroquet perdu en plein hiver est un oiseau qui a peu de chance de survie. J’estime qu’en plein hiver un perroquet taille S (type perruche) survie 2-3 jours au maximum, pour un perroquet taille M (type amazone – gris) 3-4 jours et pour un perroquet grand modèle (ara) on peut aller jusqu’à 5-6 jours maximum. Les conditions météo peuvent évidemment faire terriblement varier ces données, je me base sur des journées à 5-10°C et des nuits entre -1°C et 3°C.

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