Amandine Diot - Rapport de BTSA - Influences d'une alimentation sans vitellus chez les oiseaux utilises en fauconnerie

Influence d’une alimentation sans vitellus chez les oiseaux de fauconnerie

Amandine Diot

Educatrice d’oiseaux et comportementaliste

Publié en juin 2007

Actuellement, en ce qui concerne la santé humaine, on parle beaucoup des effets néfastes du cholestérol et en particulier du cholestérol LDL. Celui-ci est appelé mauvais cholestérol car il obstrue petit à petit les artères s’il est présent en trop grande quantité et peut alors entraîner des pathologies cardiaques (hypertension, athérosclérose, infarctus…).

Le cholestérol est en majeure partie apporté par l’alimentation. Les œufs ont particulièrement fait l’objet de réticences car le jaune d’œuf contient un taux élevé de cholestérol.

En fauconnerie, l’aliment de base est le poussin d’un jour. Ce dernier renferme une poche appelée vitellus contenant le jaune de l’œuf non utilisé par le foetus avant l’éclosion.

Les fauconniers ne partagent pas tous le même point de vue sur le fait que nourrir un rapace sans vitellus peut faire diminuer son taux de cholestérol et ainsi limiter l’apparition de problèmes cardiaques. Des études faites sur certains psittacidés démontrent qu’une alimentation trop grasse (et donc chargée en cholestérol) favorise l’apparition et l’aggravation de pathologies cardiaques.

Pour doser le cholestérol, l’analyse de sang est la manière la plus simple et la moins coûteuse. Les paramètres recherchés au cours des prises de sang sont le cholestérol (total, LDL et HDL) mais aussi les triglycérides, les protides, l’ASAT et les CPK. Ceux-ci peuvent permettre de diagnostiquer une pathologie ou un dysfonctionnement et aussi d’évaluer les dommages éventuels liés au  cholestérol.

La fauconnerie du Puy du Fou, intéressée par ce sujet, m’a donné l’opportunité et les moyens de mener une étude  afin de déterminer si le vitellus des poussins d’un jour a une influence néfaste sur la santé des oiseaux utilisés en fauconnerie. Nous avons choisi les oiseaux concernés par cette étude (quatorze oiseaux de cinq espèces différentes) et les avons répartis en deux groupes selon l’alimentation (avec et sans vitellus).

Tous les mois, sur chaque oiseau, des prélèvements sanguins ont été pratiqués, et les résultats analysés, soit au total cinq prises de sang par individu.

Au cours de ce travail, j’ai rencontré des personnes aux grandes qualités humaines et professionnelles : fauconniers, vétérinaires, techniciens, personnel médical… J’ai ainsi approfondi ma compréhension et mes connaissances des oiseaux de proie, leur anatomie, leur physiologie et mieux appréhendé les répercussions que peut avoir l’alimentation sur leur santé.

L’étude s’est déroulée d’août 2006 à janvier 2007 à la fauconnerie du Grand Parc du Puy du Fou. Les données de ces deux échantillons (avec ou sans vitellus)  m’ont alors permis d’effectuer des statistiques par des tests d’homogénéité et par la méthode des « moindres carrés », selon le résultat à démontrer.

Cinq tests d’homogénéité ont étés réalisés afin de savoir si les taux de chaque paramètres variaient au cours du temps (durant et entre le début et la fin de l’étude), selon le sexe, selon l’alimentation et selon l’âge. Les tests d’homogénéité ont démontré que les taux de cholestérol total et LDL avaient diminué entre le début et la fin de l’expérimentation pour les oiseaux nourris sans vitellus et que les mâles présentaient des taux de cholestérol HDL plus élevés que les femelles. De plus, lors d’une alimentation sans vitellus les oiseaux présentent des taux plus faibles de protides de d’ASAT. Enfin l’âge aurait une influence sur les taux de CPK.

Le test des « moindres carrés » a été effectué afin de connaître l’influence du cholestérol LDL sur les autres paramètres dosés. Les taux de LDL présentent des corrélations positives avec les taux d’ASAT, de protides et de cholestérol total.

De tous ces tests, il apparaît donc que l’alimentation avec ou sans vitellus des oiseaux de fauconnerie a des conséquences sur leur santé. Les oiseaux ayant été nourris sans vitellus présentent des taux inférieurs en ce qui concerne les taux de cholestérol total et surtout LDL.

Pour supprimer le vitellus des poussins d’un jour deux solutions sont réalisables : il faut soit l’enlever manuellement, soit garder le poussin en vie quelques jours afin que le vitellus se résorbe naturellement. Pour cette dernière solution le coût serait plutôt élevé et ceci demanderait beaucoup de travail et de précautions sanitaires.

Peu d’études concernant l’alimentation des oiseaux de proie ont été réalisées jusqu’à présent, d’où la difficulté de collecter des données de référence.

En ce qui concerne l’influence de l’âge sur les taux de paramètres sanguins, certains spécialistes ont prouvé qu’il n’y avait pas de lien. Mes résultats d’expérimentation sont conformes à ces données.

Pour ce qui est de l’influence du sexe sur les différents paramètres étudiés au cours des prises de sang, mes résultats ne sont pas conformes à ceux de la bibliographies, puisque j’ai trouvé que les mâles présentaient des taux plus élevés que ceux des femelles, alors que Dell’Omo et Cavellina (1998) avançaient que le sexe n’influait pas sur les paramètres sanguins.

Les résultats et les données recueillis au cours de ce travail permettent de compléter la base de données relative aux oiseaux de proie, et ainsi d’améliorer nos connaissances à leur sujet.

Pour conclure ce rapport, je pense qu’il serait intéressant de  poursuivre cette étude, en choisissant un groupe plus important d’oiseaux et plus homogène  (espèce, âge, sexe…) ce qui permettrait de déterminer avec certitude et exactitude l’influence du vitellus sur le cholestérol des oiseaux de proie.

Vous pouvez visionner mon rapport de stage ici.

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